L’histoire vraie d’une muse emprisonnée à jamais dans un tableau…
Critique du spectacle
À la fois poète et peintre, Dante Rossetti (Romain Arnaud-Kneisky) fait la rencontre de Lizzie Siddal (Céline Devalan), venue dans son atelier pour qu'il réalise son portrait.
Dès leur première rencontre, Dante tombe immédiatement sous son charme. De son côté, Lizzie n'est pas insensible aux poèmes que lui écrit le jeune artiste.
Ce dernier comprend que Lizzie deviendra sa muse : sa seule présence transforme le banal en sublime.
Aussi, Dante refuse qu'elle pose pour un autre peintre. Cependant, elle accepte d’être le modèle de John Everett Millais pour son célèbre tableau Ophélie, inspiré d’un personnage d'Hamlet.
Afin de restituer le corps flottant de l'héroïne, Millais lui demande de rester allongée dans une baignoire pendant des heures. Projetée en arrière-plan, cette œuvre, aujourd'hui mondialement connue, est un immense succès. Mais Lizzie manque d'y laisser la vie après ces longues séances de pose dans une eau glacée.
Dante supporte mal le triomphe de Millais et l'attention que suscite désormais sa muse, devenue le centre de tous les regards lors de l’exposition du tableau.
À partir de ce moment-là, les sentiments fougueux de Dante laissent peu à peu place à un comportement plus sombre. Le mariage, tant espéré par Lizzie, semble s'éloigner. Fragilisée, elle sombre dans une dépendance au laudanum qui conduira Dante à l'envoyer en cure de désintoxication.
Pourquoi Dante ne présente-t-il jamais Lizzie à sa mère ? Leur mariage sera-t-il un jour célébré ? L'art occupe-t-il une place plus importante que l'amour qu'il lui porte, malgré les nombreux poèmes qu'il lui consacre ?
Inspirée de faits réels, cette histoire est aussi passionnante que bouleversante. On peut véritablement la qualifier de romantique, au sens littéraire du terme. Le geste accompli par Céline Devalan après avoir écrit cette pièce est un acte des plus touchants et des plus beaux que l’on pouvait faire à Lizzie. Révélé dans les derniers instants du spectacle, il apporte une émotion supplémentaire à un récit déjà profondément touchant.
Une véritable alchimie unit les deux comédiens, qui passent avec une remarquable justesse de la passion à la mélancolie, puis à la violence, au fil du drame qui se joue sous nos yeux. Servie par de magnifiques costumes et par les projections des œuvres dont Lizzie fut le modèle, la mise en scène accompagne avec élégance une histoire d'amour aussi belle que tragique.
“Le Mystère Ophelia” est incontestablement une pièce à voir au festival. Elle permet de découvrir avec sensibilité pourquoi « la muse a été emprisonnée à jamais dans un tableau ».
Régis Gayraud
L’histoire vraie d’une muse emprisonnée à jamais dans un tableau…
Non, ce n’est pas une légende, c’est arrivé. Nous sommes à Londres en 1850, Lizzie Siddal, célèbre pour l’éclat de sa chevelure cuivrée, pose pour ce qui est aujourd’hui encore le tableau le plus célèbre d’Angleterre : Ophelia, inspiré de Shakespeare. Mais en prêtant ses traits à cette héroïne tragique, Lizzie scelle sa propre malédiction. Peu à peu sa vie rejoindra étrangement celle du personnage d'Ophélie.
À travers son amour fou et destructeur avec le peintre Rossetti, cette pièce, mêlant Théâtre, Peinture, Cinéma et Poésie, retrace son destin troublant et nous plonge dans l’un des plus envoûtants mystères de l’histoire de l’art.
Créatifs :
Texte : Céline Devalan
Mise en scène : Céline Devalan
Collaboration artistique : Caroline Darnay
Créateur lumière et vidéo : Antoine Le Gallo
Producteur : Compagnie la Petite Vadrouille.
Distribution
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Céline Devalan, Romain Arnaud-Kneisky.
Céline Devalan, Romain Arnaud-Kneisky
Photo : Régis Gayraud (Avignon 2026)
“Le mystère Ophélia” est produit par La Compagnie La Petite Vadrouille.
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Lieu : Théâtre des Corps Saints - 76, place des corps saints - 84000 Avignon
Réservations : |
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