La face cachée de l'enquête officielle sur le meurtrier le plus célèbre de l'Histoire.
Critique de la pièce :
Londres, 1888, quartier de Whitechapel.
On entend le sifflement d’un couteau qui fend l’air et une femme s’écrouler au milieu de la scène. Les badauds arrivent. Ils n’ont jamais vu ça, c’est une boucherie. Rapidement, cependant, les commentaires péjoratifs fusent : « C’est une alcoolique » dit l’une ; « C’est une prostituée » dit l’autre… Tout le monde s’accorde rapidement à conclure qu’elle a bien cherché ce qui lui est arrivé !
C’est aussi ce que pense Warren, le chef de Scotland Yard (Benjamin Alazraki). D’ailleurs, il ne peut même pas prononcer le mot, ça le dégoûte. Et puis, il a mieux à faire qu’ouvrir une enquête ; il ne va quand même pas annuler ses vacances !
Face à lui, le jeune inspecteur Abberline (Antoine Bordes) n’est pas de cet avis. D’ailleurs, les journaux s’emparent rapidement de l’affaire. James, le vendeur de journaux (Léo Grêlé), va d’ailleurs jouer un rôle clé en aidant l’inspecteur, tout comme Mary Jane Kelly (Fabienne Tendille) une prostituée, effrayée comme ses consœurs, mais qui a la tête sur les épaules et veut que l’assassin soit arrêté. Car après ce massacre, d’autres prostituées, dont Elizabeth Stride (Dorothée Moreau) sont assassinées.
Mais la pièce n’est pas un polar, car, de toute façon, on n’a jamais su qui était l’assassin. La pièce d’Alexandra Bialy, petit chef-d'œuvre d'écriture.
C’est plus un témoignage des réactions des personnes à cette époque face aux événements, entre crainte, dégoût, ignorance et rejet… Mais on ne sombre pas dans le pathos, bien au contraire. Des scènes et répliques très drôles, alternent avec des moments très touchants, notamment quand Annie Chapman (Alexandra Bialy) l’une des prostituées essaye de voir de loin ses enfants enfermés dans un pensionnat, car elle en a perdu la garde.
Et puis Aleandra Bialy a eu une idée formidable pour ne pas laisser ces femmes tombées dans l’oubli à jamais, en les réunissant après la mort d’une façon émouvante que vous découvrirez en venant voir cette théâtrale.
La mise en scène ingénieuse ne nécessite que deux parois sur roulettes et une sorte de petit échafaudage sur roulettes pour transporter le spectateur d’une ruelle à un bureau de Scotland Yard, en passant par une prison, une maison close et même Buckingham Palace !!
La musique de Dominique Mattéi, donne du dynamisme aux mouvements des personnages entre les scènes.
Drôle, touchante, réaliste, cruelle… les adjectifs pourraient s’ajouter en une liste sans fin, tellement cette pièce est brillante et mérite d’être vue. C’est incontestablement une pièce à ne pas rater durant le Off.
Régis Gayraud
La face cachée de l'enquête officielle sur le meurtrier le plus célèbre de l’Histoire La comédie irrévérencieuse que personne n’a osé raconter Londres, 1888. Au milieu de la nuit, une femme est assassinée à Whitechapel. Alors que Scotland Yard tarde à ouvrir une enquête, la presse s'empare déjà de l'affaire. D'un simple badaud à la reine d'Angleterre tout le monde veut mettre la main sur celui qui se fait appeler "Jack". Derrière les rideaux d'une maison close, un groupe de femmes décide d'agir : retrouver le meurtrier avant qu'il ne les trouve. Et si, cette fois, les héroïnes de l'histoire, c'étaient-elles ?
Créatifs :
Texte : Alexandra Bialy
Mise en scène : Alexandra Bialy assistée de Jordan Topenas
Musique : Dominique Mattéi
Création lumière : Tristan Mouget
Costumes : Christine Vilers
Décors : François Iafrate
Producteurs : A mon tour Prod, En Scène ! Productions et la Compagnie Jacqueline.
Distribution
:
Dorothée Moreau, Benjamin Alazraki, Fabienne Tendille, Antoine Bordes, Alexandra Bialy et Léo Grêlé.
Antoine Bordes, Alexandra Bialy, Benjamin Alazraki, Dorothée Moreau, Léo Grêlé, Fabienne Tendille
Photo : Régis Gayraud (Off 2026)
“Les oubliées de Londres” est produit par A mon tour Prod, En Scène ! Productions et la Compagnie Jacqueline.
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Lieu : Théâtre du Roi René - 4 bis, rue Grivolas 84000 Avignon.
Réservations : |